9 déc. 2015

Maternité - Le deuil périnatal

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Source photo : Pixabay
Le deuil périnatal, ou comment essayer de mettre un mot sur une situation horrible qui ne devrait pas exister! Une situation que malheureusement trop de couples vivent, mais que l'entourage à souvent du mal à appréhender, à comprendre... 

Aujourd'hui, je décide d'ouvrir mon coeur sur cette triste réalité que j'ai malheureusement connu. Hier, le 8 décembre 2015, cela faisait 1 an que le deuil périnatal fait parti de ma vie. Un an que je suis la maman d'un petit ange que je ne connaitrais jamais, la maman de quelques coups de pieds ressentis, la maman d'un petit bébé qui aura décidé de pointer son nez à 22 semaines de grossesses ...

En ce triste anniversaire, je me souviens de tous les détails. De ces douleurs horribles qui m'ont conduites en urgence à la maternité la plus proche de chez moi, une clinique de niveau 1, à 3 heures du matin. Ces douleurs qui s'avèreront être des contractions de travail. Des contractions qui feront que mon col était ouvert à 3cm avec un bébé déjà engagé ... Trop tard pour tenter quoi que ce soit. Juste espérer, prier et attendre que ça s'arrête pour espérer être transférée dans un autre hôpital 14 jours plus tard. Et oui, à 22 semaines, ton bébé n'est pas considéré comme viable. A 22 semaines, personne ne tentera rien pour sauver ton bébé. A 22 semaines, tu as juste à insulter ton foutu corps qui met à la porte ce petit ange qui grandissait au creux de ton ventre. Sauf que voilà, mon corps n'aura pas attendu 14 jours, mais 14 heures. 14 heures de souffrances physiques et psychologiques, 14 heures à culpabiliser, à espérer un moment de répit ... INUTILES!

Et il y a eu le "après". Le deuil, notre bataille, se relever, continuer à vivre ... mais surtout ne pas oublier. Je dois avouer que faire le deuil de quelque chose (ou plutôt quelqu'un) qu'on n'a pas connu, mais qu'on a aimé profondément est extrêmement compliqué! Mais nous avons refusé de nous effondrer. Bien sûr, je ne te ferais pas croire que je n'ai pas eu l'impression qu'on m'arrachait un membre, que la douleur n'était pas insupportable, mais nous avons fait le choix de continuer à avancer. Continuer, afin que notre fille soit fière de nous. Changer de vie, quitter mon travail, déménager, retomber enceinte ... Voilà comment j'ai géré mon deuil. J'ai refusé qu'on me regarde comme une "pauvre fille", j'ai décidé de ne plus jamais voir ces regards de pitié dans les yeux des gens. Changer de vie pour fuir le regard des autres, pour ne plus entendre les "Et si ...", pour ne plus avoir à raconter sans cesse pourquoi j'ai été en congé maternité sans bébé, pour ne plus qu'on me dise "On s'attendait à te voir plus triste que ça". Et oui, désolée de ne pas pleurer devant vous, j'ai ma fierté, ce n'est pas parce que je ne pleurs pas en public que je suis sans coeur et que je ne suis pas affectée par la perte de mon bébé. Petit conseil, évitez ce genre de réflexion si vous connaissez quelqu'un ayant ce vécu ... Parce que quand tu entends ça, tu as juste envie de frapper la personne en face de toi!

Mais il faut avouer que nous avons eu beaucoup de "chance" dans notre malheur. Dès que nous avons eu le top des médecins, nous avons retenté notre chance et je suis retombée enceinte de suite.
Grâce à notre histoire, grâce à Lola, nous avons accueilli dans notre vie un petit Théo. Sans cette histoire, sans sa grande soeur, il ne serait pas dans mes bras à l'heure où je vous parle. Après un suivi psychologique, de nombreuses discussions avec ma sage-femme, avec Mr Poulpe, nous allons mieux. Je sais que je ne ferais jamais totalement mon deuil, jamais je n'oublierais le 8 décembre 2014, mais cette date fait désormais partie de notre histoire. Notre fille est reconnue et présente sur notre livret de famille. Nous ne cacherons pas cette partie de l'histoire familiale à notre fils, nous lui parlons déjà de sa grande soeur grâce à qui il est présent aujourd'hui.

Alors si toi aussi, tu connais quelqu'un dans cette situation, respecte son besoin de parler ou de ne pas parler de cette partie de son histoire. Evite les conseils, les regards de pitié, soit compatissant tout en respectant sa douleur. Je sais qu'on ne sait pas comment se comporter face à ça, mais n'oublie pas que la personne en face de toi n'en a rien à faire et qu'il n'y a rien de pire pour elle que d'essayer de trouver des excuses aux gens.

LOVE YOU ♡


13 commentaires:

  1. Mon dieu, ton article m'a mis la chair de poule.....moi, je vais juste te dire que ton ange peut être très fière de sa maman. Bisous et profite bien de ton petit Théo.

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  2. Quel sublime article... Je ne sais pas quoi dire juste que je t'envoie toute mon affection

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    1. C'est déjà beaucoup! Merci énormément! ♡

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  3. Tres bel article. Je me connais personne dans cette situation et je ne peux imaginer ce que l'on ressent alors je me contenterais de t'envoyer des bisous de courage et de tendresse !

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  4. Coucou ma belle, très bel article, je suis sans voix.
    Gros bisous

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  5. Bonjour et merci d'avoir partagé cette partie de votre chemin intime à ta famille.
    C'est grâce à ce type de témoignage que le regard de l'entourage change.
    J'ai mis huit ans fabriquer mon bébé. J'ai vu tous types de regards se porter sur nous : les pauvres à pourquoi ils veulent pas d'enfants, c'est pas normal.
    Je suis enfin "tombée" enceinte et fait une fausse-couche à 3 mois - 2 jours. GRRR.
    Et, heureusement pour nous, un petit garçon est arrivé très vite.
    Nous vivons dans le bonheur depuis 9 ans.
    Mais, je repense souvent à ma petite crevette, même si je ne l'ai pas senti bouger dans mon ventre. Fille ou garçon. Je l'ai furieusement aimé pendant ces 3 mois-2 jours.
    Alors, encore une fois, merci beaucoup de t'être livré.
    Et bon chemin à vous 4

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    1. Merci à toi pour ton retour qui me touche au plus haut point! ♡
      Bon chemin à vous aussi! Et on ne les oublie jamais nos petits anges! ♡

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  6. Je n'ai jamais commenté, me contentant de lire ton blog de temps en temps. Et ce soir, je découvre cet article, qui résonne en moi. Mon expérience n'est pas aussi douloureuse que la tienne, j'ai eu comme toi la chance d'accueillir un nouveau bonheur rapidement, mais la souffrance reste gravée. Profite bien de ton petit garçon, c'est le meilleur des remèdes!

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